Autour de Toulouse, l’argile décide des fondations : l’étude G2 avant tout

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À Toulouse comme dans une large partie du bassin aquitain, le sol argileux gonfle avec l’humidité et se rétracte avec la sécheresse. Ce mouvement, appelé retrait-gonflement des argiles, fissure des maisons entières quand les fondations n’en ont pas tenu compte : c’est une des causes de sinistre les plus documentées sur ce type de sol.

Ce que les cartes du BRGM montrent

Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) publie des cartes d’exposition au retrait-gonflement des argiles, classant chaque zone selon un aléa faible, moyen ou fort. Une large partie de la région toulousaine se situe en aléa moyen à fort, ce qui ne condamne pas un terrain à la construction mais impose d’adapter la fondation à ce que le sol donnera.

Le retrait-gonflement des sols argileux est un phénomène naturel qui se traduit par des mouvements de terrain différentiels, responsables de désordres sur les constructions : fissurations des murs, décollements entre éléments jointifs, distorsion des portes et fenêtres.

Cette description, reprise des travaux du BRGM, résume pourquoi une fondation pensée sans étude de sol reste un pari sur un terrain argileux : le mouvement n’est pas homogène sous toute la maison, et c’est cette différence d’un point à l’autre qui fissure.

L’intensité du phénomène varie aussi avec les saisons : un été sec assèche et rétracte l’argile en profondeur, tandis qu’un hiver pluvieux la fait regonfler. Une maison construite juste avant une sécheresse marquée peut ainsi révéler des désordres plusieurs mois après sa réception, quand le sol sous les fondations a fini de se stabiliser dans un sens puis dans l’autre. C’est ce décalage dans le temps qui rend le phénomène difficile à percevoir avant qu’il ne s’installe.

Ce que l’étude apporte, terrain par terrain

Une carte BRGM donne une tendance à l’échelle d’un secteur, jamais un diagnostic pour une parcelle précise. Deux terrains voisins peuvent présenter une épaisseur de couche argileuse différente, une profondeur de nappe distincte ou une végétation environnante plus ou moins assoiffante, autant de paramètres qu’une carte régionale ne détaille pas et qu’une étude de sol va chercher directement sur place, par sondages.

L’étude G2, obligatoire à la vente d’un terrain

Depuis la loi ELAN de 2018, une étude géotechnique de type G2 est obligatoire à la vente d’un terrain non bâti destiné à la construction, dès lors que ce terrain se situe en zone d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement. Cette étude va au-delà d’un simple constat : elle définit les principes de fondation adaptés à la parcelle précise, avec sa profondeur d’ancrage recommandée.

L’étude G2 se distingue d’une étude préalable de type G1, qui donne une première approche du site sans engager de recommandation de conception. Le passage au G2 intervient une fois le projet de construction connu : c’est elle qui traduit la nature du sol en prescriptions concrètes pour le bureau d’études structure.

L’obligation portée par la loi ELAN concerne la vente d’un terrain à bâtir non encore construit, dans les zones où l’aléa retrait-gonflement est qualifié de moyen ou fort par les cartes officielles. Le vendeur doit alors fournir cette étude, dont les conclusions restent attachées au terrain et doivent être transmises à l’acquéreur, puis au constructeur qui en tiendra compte pour dessiner ses fondations.

Semelles, longrines et DTU 13.1

Le DTU 13.1 encadre les règles de conception des fondations superficielles, dont les semelles filantes ou isolées. Sur un sol argileux, l’étude G2 recommande souvent de descendre la semelle sous la zone d’influence des variations d’humidité, et d’ajouter des longrines — des poutres de liaison entre semelles — pour répartir les mouvements différentiels plutôt que les laisser se concentrer en un point de la structure.

Ces prescriptions ne sont pas interchangeables d’un terrain à l’autre : deux parcelles voisines peuvent recevoir des recommandations différentes selon la profondeur de la couche argileuse et la proximité de végétaux dont les racines assèchent le sol en été. C’est tout l’intérêt d’une étude propre à la parcelle plutôt que d’une règle générale appliquée sans vérification.

Pour la suite du chantier, une fois les fondations dimensionnées, la question de l’assainissement se pose dans les mêmes termes de sol : notre rubrique Jardin & Extérieur revient sur la distance à respecter entre plantations et fondations sur ce type de terrain.


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